Plage d'Ipanema, Rio de Janeiro

Plage d'Ipanema, Rio de Janeiro

dimanche 9 janvier 2011

Parfois, moins loin, Aix-en-Provence ...

En ce début d'année, je me trouve sur des destinations moins exotiques à première vue, comme au siège de la société où je travaille depuis plus de quatre ans, en cette belle ville d'Aix-en-Provence. D'ordinaire mon séjour se passe dans un mouchoir de poche, entre la gare TGV, le Parc Club du Golf et l'hôtel Royal Mirabeau, trois lieux situés à l'Ouest de la ville et pratiquement à cinq minutes l'un de l'autre, soit à pied, soit en taxi. Fidèle à ma devise de me forcer à investir mon temps au moins dix pour cent dans le relationnel, j'envoyais mes vœux à un personnage assez hors du commun, je nomme Marc Lassus, le fondateur de la société Gemplus qui a fait décoller ma carrière au cours des années quatre-vingt-dix. Il me répondit sur le champ et nous décidâmes de manger ensemble à midi, histoire de parler du bon temps, des amis et de la « Latinité », notre passion commune, autour de la musique, des danses et des sonorités des langues Espagnoles et Portugaises. Marc Lassus est venu me voir souvent en Amérique Latine, pendant mon séjour là-bas, bien plus que n’importe quel autre des manageurs de l’entreprise. Il a visité l’Argentine, le Venezuela, le Brésil, plusieurs fois le Mexique et aussi Cuba ; c’est dans ce dernier pays que nous avions clos la série de voyages qu’il aimait faire pour allier affaires et plaisirs. Maintenant, nous parlons d’éoliennes, de vibrations acoustiques et de gestion de certificats numériques, toutes ses dernières passions, depuis quelques années. Je ne peux m’empêcher de penser à l’énorme gâchis que fut la fin de Gemplus. Par pudeur et pour respect pour l’homme, je me tais.

samedi 19 juin 2010

El Camino Real


El Camino Real ; « le Chemin Royal » comme le voudrait une mauvaise traduction en Français, qui ne serait pas non plus bien couverte par l’expression : « la Voie Royale ». Ici à México, c’est avant tout une chaine hôtelière qui est restée sous la coupe d’un groupe parapublic, en charge de promouvoir la culture Mexicaine, et avant tout celle de l’époque coloniale. J’y suis arrivé depuis quelques jours et je m’y sens mieux que dans n’importe quel autre hôtel de qualité internationale. Créé en 1968, en vue des jeux Olympiques de cette année-là, l’hôtel fut dessiné par le fameux architecte Ricardo Legorreta, combinant des vues très postmodernes avec des réminiscences de l’époque Coloniale, en particulier cette référence au « Camino Real », par le biais des Missions qui parsemaient ce chemin qui conduisait la capitale de la vice-royauté à San Francisco. Depuis l’opulence de la capitale jusqu’à cette baie de San Francisco, perdue et pauvre, la richesse des bâtiments des missions allaient en s’amenuisant, petit à petit, en montant vers les déserts du Nord. Je suis installé dans la mission « Santa Ana », car ainsi sont organisées les chambres de l’hôtel, regroupées sous des noms chargés d’histoire. Manifestement, la Mission à laquelle j’appartiens, est déjà haute dans les montagnes de la Sierra Madre et ne tenait qu’avec une poignée de descendants d’Espagnols, chargés de mettre en valeur les vastes territoires et de répandre la Foi. Les espaces du « Camino Real » sont vastes mais non inutiles comme dans les grands hôtels classiques. Ici, on sent le rustique des grandes haciendas avec la pierre et le bois qui se mélangent pour délimiter les espaces et protéger des chaleurs et des pluies. Et puis, il y a ces couleurs improbables, ces jaunes et ces rouges affirmés et entrechoqués, à la limite du hors-jeu et qui signe les lieux avec encore plus de forces. L’architectonique est belle, agressive et remplit l’âme qui revient cinq cents ans en arrière, quand les conquistadors ne se résignaient pas et construisaient l’une des plus belles cultures métisse du monde.

samedi 15 mai 2010

Un dîner au FINZ


Je suis dans l’émirat d’Abu Dhabi, depuis quelques jours, où je participais à une conférence sur l’Identité. Ce matin, je voulais prendre une paire d’heures en début d’après-midi pour aller monter à dos de chameau dans le désert … Je ne savais pas quoi faire d’autre dans cet univers si particulier, et bien vous me croirez ou pas, j’ai renoncé de moi-même, pour cause de pluie ! Ici, en plein désert à Abu Dhabi, il pleuvait … ce qui rendait la sortie un peu triste, ne trouvez-vous pas ? Je rangeais aussi mon maillot de bain que je n’avais pas oublié, cette fois, en éliminant l’option de la piscine, et je me plongeais dans mes messages professionnels, afin de ne pas prendre trop de retard. Sur la connexion de Skype, je voyais présent mon ami Bruno Bentéo, avec qui j’aime à « clavarder » parfois. Il m’expliqua qu’il était passé à Abu Dhabi, il y a un mois à peine, et que je ne devais pas me perdre l’occasion de diner au FINZ, restaurant que j’avais justement remarqué sur la plage de mon hôtel. C’est une superstructure tout en bois, avec des ventilateurs de style quasiment colonial et un service très raffiné. Je passai m’enquérir des horaires du soir, tout en regrettant de ne pouvoir aller diner dans ce lieu, accompagné comme il se doit. Le soleil revint et je restai étonné de voir cette plage incroyable, face à des gratte-ciels et des grues immenses, construisant les bureaux et les logements de ce troisième millénaire. Cela n’a rien de paradisiaque, nous ne sommes pas dans les Caraïbes ! Mais, quelques touristes à la peau blanche ont essayé de jouer à la plage idéale, alors que l’ambiance générale est évidemment plus pesante dès qu’ils sortent de l’enceinte des hôtels. Je ne viendrais pas ici en villégiature pour rien au monde, pour cette même raison et aussi parce que je ne connais pas bien le pays et les habitants et que je ne me sens pas à l’aise comme dans d’autres pays. La raison d’être de ces émirats est simplement la plus grande tolérance, une stabilité politique et des énormes quantités d’argent issues des puits de pétrole. Je regarde tout cela en spectateur intéressé, toujours prêt à apprendre et à réfléchir sur les civilisations, les économies et les cultures. Attablé à une table extérieure, je sirote un apéritif léger et je regarde les groupes qui m’entourent, essayant de deviner les situations, les origines et les raisons de la présence de chacun d’eux, comme si je lisais un Agatha Christie et que je devais démêler les fils les liant les uns aux autres. Le service est parfait, le « ceviche » est frais et le saumon grillé avec soin. C’est rare que je prenne ainsi mon temps pour profiter d’une brise marine soufflant vers le désert. Qu’importe, c’est un moment rare ; je l’apprécie !

samedi 8 mai 2010

La parc Siqueira Campos


Il est un parc sur l'artère la plus fameuse de Sao Paulo, la "Paulista", que je ne connaissais encore pas. Et pourtant ... j'ai même habité pendant six mois, en début 2006, juste en face à l'hôtel "Blue Tree" de la rua Peixoto Gomide. Je travaillais de l'autre côté, dans les bureaux d'Oberthur et il me fallait alors traverser la "Paulista" et longer cet ilot de verdure, chaque matin. Il ne m’était jamais venu l’idée de faire un simple détour et de me plonger dans le « Parque Siqueira Campos ». Pourquoi ? Peut-être à cause des essences présentes dans ce parc, arbres et plantes aux feuilles larges et vertes foncées. Elles semblent couper tout rayon du soleil et isoler ce lieu du fourmillement de la ville qui l’entoure. La première réaction est craintive comme dans tout lieu retiré, et qui participe d’une ambiance générale urbaine connue pour sa violence. Je n’avais jamais eu non plus l’occasion de devoir reprendre mon souffle passant de la jungle urbaine à la jungle végétale. Enfin, me promenant cet après-midi de nouveau dans le centre de cette ville affolante, je fus tenté de quitter quelques minutes la trépidation pour m’enfoncer dans l’univers végétalien du Parc. Ce fut comme l’entrée dans une église Andalouse, un après-midi d’été ; de la chaleur moite et oppressante, je passais dans une pénombre calme et sombre. Quelques personnes habitaient le lieu, tombant dans deux catégories, les premiers traversant d’un bon pas le Parc comme on traverse le Parc Monceau à Paris, les seconds assis sur des bancs publics et jouissants des instants volés pour lire un livre ou méditer en toute tranquillité. Quelle merveille que ce saut dans les senteurs et dans le calme quasi absolu, où même les oiseaux semblent gazouiller tout doucement pour ne pas troubler les pensées des promeneurs. Le Parc passe même au dessus d’une rue parallèle à la « Paulista » ; mais, on n’y fait même plus attention, tant la ville est oubliée une bonne fois pour toute. Les chemins de traverse sont pavés des mêmes céramiques blanches et noires, qui tapissent les trottoirs de Sao Paulo ou de Rio de Janeiro, petites céramiques faisant des dessins de vagues plus ou moins discernables pour les promeneurs. Et puis, ces grandes feuilles charnues des arbres, ces racines tellement énormes qu’elles ne semblent plus tenir dans le sol et ressortent comme indomptables. Le silence enfin, assourdissant, lourd et compact qu’accompagne les promeneurs qui n’oseront lever la voix. Je glisse dans cet univers étrange pour une bonne demi-heure, émergeant dans la ville en face du MASP et me sentant tout étrange d’une telle expérience !

dimanche 18 avril 2010

L'éruption du volcan Eyjafjijll

Cela se passe à plus de 3,000 kilomètres ... et nous ne parlons plus que de cela, depuis jeudi dernier, depuis que ce volcan Islandais commença à entrer en éruption! D'abord, le nom est imprononçable pour juste faire bonne mesure et mettre tout le monde au même niveau. Un ou deux journalistes s'y est essayé à la télévision, devant des confrères ébahis. A la maison, nous sommes impactés surtout pour Michelle, l'amie Canadienne de Thérèse, qui n'a pas pu retourner dans son pays, en ce lundi. Tous les aéroports Parisiens sont fermés depuis vendredi matin et les prévisions de redémarrage sont hypothétiques, dépendant largement de l'anticyclone qui domine sur l'Europe et qui laisse stagner ce nuage de cendres qui s'étale malicieusement au dessus de nos têtes. Michelle partage notre vie quotidienne depuis un peu plus de neuf semaines et se faisait une joie de revoir sa famille en ce début de semaine ; elle doit maintenant être forte et faire face à cette situation imprévisible. Pour ma part, je ne dois pas trop me plaindre puisque j'avais pu rentrer de Barcelone, le jeudi soir, à quelques heures près ; et que je n'avais pas de déplacements prévus cette semaine. Nous verrons bien pour mes déplacements futurs, au Brésil puis à Abu Dhabi, si les vols reprennent à temps. Pendant ce temps, nous pouvons nous poser les questions qui nous viennent facilement à l'esprit: Est-ce normal d'exporter nos fraises aux quatre coins du globe, d'importer nos fleurs de Colombie et d'échanger de si grandes quantités de produits au niveau international? En ce mois d'avril 2010, la crise est bien finie en Chine qui affiche une croissance de +12% au premier trimestre 2010 et en Asie qui fabrique 52% des produits industriels de la planète. Mais, en Europe, et surtout en France, nous sommes fragilisés et comme incapables de reprendre notre course en avant ... Faut-il un volcan appelé Eyjafjijll pour commencer à se poser quelques questions de bon sens?